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Mise en ligne le 8/102003
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La vie de Marguerite MORENO
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE
de Raymond Chirat
Editions du Rocher
168 pages. 17 euros
Pour ne pas oublier
par Jean-Marc Loubier
Pas toujours facile de choisir le ciné-livre de la semaine. J'avais très envie de vous parler de la longue lettre d'amour de Nadine Trintignant à sa fille Marie publié chez Fayard sous le titre Ma fille, Marie. Seulement, les polémiques, les procès en cours m'imposent la plus grande réserve. Il demeure que Marie Trintignant n'aura de cesse de me manquer et pourtant je ne l'ai rencontrée qu'une seule fois sur le tournage d'un téléfilm signé Etienne Perrier, cela s'appelait La Garçonne et j'y faisais de la figuration. Face à Raymond Pellegrin qu'elle n'arrivait pas à gifler, je l'ai vu se faire toute petite devant cet homme n'ayant de cesse de la rassurer… Alors, il m'est revenu à l'esprit que sur mon bureau en furieux désordre traînait cette biographie de l'immense Marguerite Moreno signée Raymond Chirat.
Ce n'est certes pas un grand livre mais il a au moins le mérite d'exister pour que les cinéphiles n'oublient pas que celle qui fut, au théâtre, une incomparable Folle de Chaillot dans une mise en scène de Louis Jouvet , aura tourné une bonne centaine de films ! Tous ne sont pas bons. Loin de là. Mais " La Moreno " ne passait jamais inaaperçue. Elle eut de nombreux amants, elle fut la rivale de Sarah Bernhardt, et elle fut particulièrement belle avant que l'alcool ne la défigure. Raymond Chirat en parfait biographe tente de retracer le parcours de cette femme qui avait publié ses mémoires sous le titre Souvenirs de ma vie quelques mois avant sa disparition en 1948. Ce bouquin, j'en ai fait cadeau à Rosy Varte. Et il me manque car " La Moreno " y racontait ses errances, ses dévires et ses amours pour les symbolistes, pour Mallarmé, Jarry ou encore Apollinaire. Il me serait injuste de ne pas parler de Maurice Schwob, son premier mari, qui en vit de toutes les couleurs.
Pour revenir au cinéma, car tel est mon propos, la vie de Marguerite Moreno est ponctué de films inégaux mais dont on retiendra tout de même Carmen de Christian-Jaque, Douce de
Claude Autan-Lara et le dernier L'Assassin est à l'écoute de Raoul André sans oublier Un revenant où elle tout simplement magistrale de méchanceté. Si me fallait faire un compliment à Raymond Chirat, ce serait de lui dire merci de ne pas avoir oublié cette grande dame en espérant que dans quelques années on n'oubliera pas que Marie Trintignant fut aussi (il faut bien en parler au passé) une comédienne à part entière. C'est peut-être cela qui lui coûta la vie ?