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Mise en ligne le 18/06/2003 |
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Les DVDs de la semaine |
Autoportrait |
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE |
de Claude Berri Editions Léo Scheer. 364 pages. 15 euros |
Plus fort que la mort par Jean-Marc Loubier |
Voilà bien un homme qui force le respect. Comédien, réalisateur, producteur… il fallait
bien qu'un jour il se décide à écrire ses mémoires. Il fallait bien… mais
à quel prix ! L'autoportrait de Claude Berri est autant un hymne à la vie qu'une
revanche sur toutes les " merdes " qui peuplèrent son existence. Il lui
aura fallu perdre un père, un fils, être quasiment au bord du suicide pour se
décider à prendre sa plume afin de se raconter sans aucune fioritures. Berri
est un drôle de bonhomme même pas milliardaire et pourtant que de succès sur les
écrans. Je ne vous ferai pas l'injure de vous dire qu'il est le producteur heureux
d'Astérix ou encore de L'ours de Jean-Jacques Annaud. Non, ce qui m'a plus intéressé et le plus touché dans sa quête de lui-même, c'est
bien son humilité et son courage. Voilà un homme aux origines incertaines, amoureux des femmes-il fut un temps l'amant de la très jeune Marlène Jobert- se sachant doué pour faire l'acteur mais nourrissant telle une obsession non feinte de rendre un hommage appuyé à son père à travers un scénario qu'il va traîner pendant des années avant de pouvoir en faire un film. Ce film s'appelle Le Cinéma de papa. Il n'avait pas une thune. Il tentait sa chance ici et là allant même jusqu'à demander à Louis de Funès de tenir le rôle de ce père qu'il a tant aimé. Il lui aura fallu attendre et attendre encore avant de le tourner avec Yves Robert dans le rôle principal. C'est ce qu'on appelle de la persévérance. C'est pour cela que je l'aime bien le père Berri auquel on doit encore Manon des sources réussissant à convaincre presque par hasard Yves Montand de tenir l'un des rôles principaux. Dans ce livre sans prétention, il y a des richesses humaines et cinématographiques que je préfère vous laisser découvrir. Il n'empêche qu'un passage à retenu tout particulièrement mon attention. La genèse du montage du fil Le Vieil homme et l'enfant avec Michel Simon. Le jeune Berri se frottait à un monstre sacré et il n'était pas au bout de ses peines. Le lubrique, le presque ogre Michel Simon lui en fit voir de toutes les couleurs. Il y avait de quoi envoyer tout balader. Non, Berri a tenu bon et il a réalisé l'un de ses plus beaux films… Bon d'accord, je ne suis guère prolixe sur cet autoportrait. J'ai tellement aimé ce bouquin que je n'ai qu'une envie, c'est qu'avec moi vous partagiez ce plaisir de suivre le parcours d'un homme de bien, d'un homme de rêve, d'un homme parfois brisé, écœuré… mais qui jamais ne renonce. Pour reprendre le titre d'un livre de Maupassant, Claude Berri est vraiment " Plus fort que la mort ". |
