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Mise en ligne le 22/04/2003 |
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Les DVDs de la semaine |
Henri Decoin, un artisan du cinéma populaire |
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE |
de Yves Desrichard Editions Durante/Bifi 240 pages. 19 euros |
Pas tripette par Jean-Marc Loubier |
Depuis des mois j'attendais avec impatience le bouquin que préparait Yves Desrichard
sur Henri Decoin. Je savais, son éditeur m'en avait fait la confidence que Desrichard
eut préféré écrire un livre sur Danielle Darrieux qui fut l'épouse du sieur Decoin. D.D avait 16 ans et lui… 44 ans. C'était en 1933.
J'attendais dans cette collection ayant déjà offert des études très fouillées
sur Jacques Becker, Julien Duvivier ou encore Albert Lewin co-éditée par la Bifi une foule d'informations sur cet immense metteur en scène. Ne lui doit-on pas de quasi chefs-d'œuvre comme Mademoiselle ma mère ( 1937), Les Inconnus dans la maison (1942) ou encore La vérité sur Bébé Donge (1952) avec Jean Gabin. J'attendais sans doute beaucoup trop et voilà bien la raison de ma déception. Desrichard avec tout le respect que je dois à ce passionné de cinéma ne parvient pas dire qui est vraiment Henri Decoin. Il donne sa date de naissance -18 mars 1890- il insiste sur le fait qu'il fut, à ses heures écrivain, qu'il fut encore champion de natation, héros de la Grande guerre (celle de 1914) mais il ne nous apprend rien sur son art et sa manière. Passant trop rapidement sur l'aspect biographique de l'homme il en oublie la dimension artistique. L'auteur parle d'une enfance à la Gavroche sans expliquer pourquoi ! Certes, Henri Decoin - Desrichard citant Max Favalelli - fut apprenti fourreur et il dut se mettre très tôt au travail. Comment, pour quelles raisons ? L'auteur de ce livre s'avère incapable d'en fournir les vraies motivations -un père paralysé et une mère faisant des ménages- mettant même en doute en ces termes "de mesurer la véracité" des propos recueillis le 13 avril 1953 sur l'enfance d'Henri Decoin par le même Favalelli ! Je n'ose aller plus loin et il n'est pourtant pas dans mes habitudes de fustiger à plaisir le travail de l'un de mes confrères. Mais, il me faut bien admettre que Desrichard a vraiment bâclé ce bouquin. Il nous assassine avec une kyrielle de témoignages, de coupures de presse d'époque sans jamais convaincre de son authentique admiration pour l'homme. Henri Decoin vaut beaucoup mieux. La preuve dès les premières pages de cette monographie, il est un Monsieur qui parle avec amour d'Henri Decoin. Il s'appelle Michel Deville et il fut son assistant. Il est lui aussi cinéaste. Il dit que Joseph, Henri Decoin "n'était pas du genre à passer inaperçu. Le cinéma, il ne l'avait pas appris dans les écoles et, du coup, il savait l'essentiel." J'en viens à regretter que Michel Deville n'ait pas été l'auteur de ce livre qui vraiment ne vaut pas tripette tant il est mal fichu. Un bon point tout de même, l'iconographie assez remarquable et la filmographie exhaustive même si les dates et lieux de tournage ne sont pas précisés. Il est vrai que la Bifi regorge de trésors en ce domaine. Desrichard n'a eu qu'à collationner. Il aurait mieux fait d'enquêter plus sérieusement. Désolé… ! |
