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Mise en ligne le 8/04/2003 |
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Les DVDs de la semaine |
Quitte à avoir un père, autant qu'il s'appelle Gabin... |
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE |
de Florence Moncorgé-Gabin Le cherche midi Editteur 180 pages. 15 euros |
Fourre-tout par Jean-Marc Loubier |
Voilà une bonne vingtaine de jours que j'ai lu ce bouquin. Contrairement à mon habitude,
je ne me suis pas précipité sur mon clavier afin d'en rédiger la chronique.
Que l'enthousiasme m'emporte ou que la déception m'habite, je n'aime guère
perdre du temps. Mais, cette fois-ci avec ce livre écrit par la fille de Jean Gabin , je ne savais trop comment m'y prendre. Surtout, pour être totalement franc, je
ne voyais pas vraiment l'utilité d'en parler. Florence Moncorgé-Gabin l'écrit
elle-même dans un court avertissement "ce livre n'est pas une biographie de Gabin. (…) Ce n'est pas non plus une autobiographie, il paraîtrait un peu prétentieux
de penser que ma vie puisse intéresser qui que ce soir." Et, c'est bien là tout le problème. Florence Moncorgé ne veut pas écrire la vie de son père et elle ne veut pas parler de la sienne. Alors à quoi bon faire un livre s'il s'agit de ne rien raconter ! Pourtant, je l'ai lu son ouvrage. Elle y parle de son papa, de ses qualités, de ses défauts et surtout… elle n'a de cesse de se raconter. Elle est tombé dans le piège, sans peut-être s'en rendre compte, mais elle s'est laissé enfermée dans l'auto-satisfaction d'être la fille de…Cela donne un assez joli florilège de platitudes du style : "La sévérité et la rigueur côtoyaient en permanence la décontraction", "Il buvait régulièrement ses 2 scotchs et quelles " mominettes " avant les repas qu'il arrosait d'un bon vin rouge, et plus tard, d'un gros-plant du marquis de Goulaine qu'il avait découvert à Nantes pendant le tournage du Tonnerre de Dieu.", "Le pognon, ça se gagne et il faut travailler pour en avoir." etc. Cela nous conduit à fréquenter Alain Delon , Georges Lautner , Jean-Pierre Melville et quelques autres. Mais quant à apprendre vraiment quelque chose sur le " Vieux ", on reste sur sa faim. Ce n'est pas un livre. C'est une espèce de fourre-tout où il est question de cinéma, de chevaux, de bouffe, d'amourettes et de considérations que n'importe qu'elle fille pourrait écrire sur son père. Oui, franchement, je ne m'en sors pas avec ce livre. A mes yeux, il ne présente aucun intérêt. L'intention est louable de rendre hommage à son géniteur mais encore faut-il avoir des choses à dire, à écrire. Encore faudrait-il faire quelques révélations savoureuses sur cet homme, cet acteur que tout le monde respecte. Florence aime son père, c'est déjà pas si mal, mais elle est bien maladroite pour nous inviter à entrer dans cette intimité que la Miss - c'est comme ça que Gabin appelait sa fille - voudrait faire partager. Pour ma part, je préfère de loin, de très loin, savourer un bon Gabin à travers ses films même s'il n'a pas toujours tourné que des chefs-d'œuvre. Un dernier mot, le titre choisi par Mme Moncorgé est assez singulier. Pas sympa pour les orphelins ! |
