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Mise en ligne le 1/04/2003
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Les DVDs
de la semaine
Joséphine,un amour de
Simenon
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE
de Jean-Marc Loubier
Durante Editeur
200 pages. 20 euros

Mais où va-t-il chercher tout ça ?
par Frédéric Grolleau 
Séduisante idée que de présenter des couples célèbres sous la forme d'une courte biographie à deux voix/-ies. Après Jean Gabin- Marlène Dietrich et  Lauren Bacall- Humphey Bogart  commis par Jean- Marc Loubier aux éditions Acropole, voici que le critique émérite de dvdetcie s'attaque à un couple peut-être moins connu. Moins cinématographique - puisque pas du tout - en tout cas. C'est là, pour le coup, que ce livre est intéressant parce qu'on peut y voir le biographe évoluer sur d'autres terres que celles qu'il explore d'habitude, même s'il est vrai que ses biographies grand format précédentes (Louis Jouvet , Pierre Brasseur, Michel Simon …) prédisposent l'écrivain à nous transporter avec réalisme dans ce Paris des années Folles.
Après une telle entrée en matière, je pourrais, sans fâcher quiconque, dire maintenant tout ce qu'on apprend à lire ces pages : l'enfance misérable à Saint-Louis de Joséphine, la production quotidienne de contes à dormir debout et de "romans à cinq francs" du belge Georges Sim, qui, journaliste enfin écrivain renommé, préférera bientôt reprendre son nom civil quand il signera les premiers "Maigret" qui assureront sa fortune. La folle relation passionnelle qui unit, entre deux sessions de la "Revue Nègre" et quelques nuits blanches au Bœuf sur le toit, le "plumitif pour pipelettes" au "mannequin emplumé". Tout cela, et bien d'autres choses, est impeccablement détaillé dans ce bouquin, mais ce qui est le plus intéressant à mes yeux c'est la manière dont Loubier "meuble" les nombreux dialogues entre Joséphine et Georges, à l'aide desquels il reconstruit leur existence respective et les forts points d'intersection charnelle. Car là on se pose la question : mais où va-t-il chercher tout ça ? Quelle est la part de reconstruction romanesque et de documentation historique ? On aura beau avancer dans le texte, on n'en saura pas plus mais on aura désormais partagé les vies de deux astres qui auront appris à ne jamais se faire de l'ombre l'un l'autre.
Reste alors un regret : que l'auteur expédie en trois coups de cuillères à pot la relation entre Simenon et Maigret dans le denier chapitre, alors qu'on aurait aimé avoir plus d'informations sur ce sujet. Mais bon, vous me direz que ça ferait trois personnages et non plus deux, et qu'Assouline est déjà passé par là avec son" Simenon" en 1992. Jamais contents ces critiques !