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Mise en ligne le 14/01/2003 |
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Les DVDs de la semaine |
Louis de Funès, jusqu'au bout du rire |
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE |
de Stéphane Bonnotte Editions Michel Lafon 250 pages. 18 euros |
Vingt ans déjà ! par Jean-Marc Loubier |
Jeudi 27 janvier 1983. En Bretagne, un épais manteau blanc caresse maisons, champs
ou forêts. Il fait froid, très froid. Un homme de petite taille veille sur les
roses de son jardin. Elles se préparent à bourgeonner. Il parle longuement avec
son jardinier afin que les joyaux de sa collection ne souffrent pas de la rigueur
de l'hiver. L'homme s'agite comme s'il avait mille choses à faire. Comme s'il
sentait que ce jeudi blanc serait un... jeudi noir. L'après-midi demeure paisible
mais au soir, après un dîner frugal, il enfile son pyjama et s'endort. A
22 heures, il se réveille en sursaut. Tout son corps n'est que douleur. Il hurle
: "C'est pas possible, je vais crever..." Quelques minutes plus tard, l'homme de petite taille... a joué son dernier rôle.
Il s'appelait Louis de Funès de Galarza. Vingt ans déjà ! Celui qui enchanta -et continue d'enchanter- des milliers de spectateurs et de téléspectateurs par le truchement de ses mimiques, de ses grimaces, de ses inventions burlesques méritait bien qu'on lui consacre aujourd'hui un livre digne de ce nom et surtout de son Nom ! Réduire Louis de Funès à la seule épopée des Gendarmes dont la qualité semble aujourd'hui bien médiocre eut été lui faire injure. Aussi, Stéphane Bonnotte dans ce livre très documenté rend justice à celui que j'ai un jour de 1991 baptisé Le Berger des roses et plus tard Le Galérien de la pellicule. Bonnotte n'a pas cherché à écrire une nouvelle biographie. Il est allé plus loin en tentant avec succès de suivre le parcours d'un Louis de Funès d'abord modeste pianiste de bar devenant par le hasard d'une rencontre sur un quai de métro avec Daniel Gélin acteur de complément (formule plus élégante pour ne pas dire figurant) avant de gagner progressivement ses galons de second rôle puis de tête d'affiche. Bonnotte balayant, à tort ou à raison les complexités de sa vie privée, parvient avec élégance et dans un style très enlevé à suivre les méandres d'une carrière artistique hors du commun. De Funès n'avait pas le physique d'un jeune premier, il était le ronchon de service, le vilain petit canard cherchant toujours querelle... à plus faible que lui. Il était -dans ses rôles- hargneux, jaloux, envieux, méchant voire ignoble mais il savait - Bonnotte le souligne très justement- donner de l'humanité à ses avaricieux et autres envieux. De La Traversée de Paris (1956) en passant par La Grande Vadrouille (1966) sans oublier Le Corniaud (1965) ou encore L'Avare (1980) où il fit vraiment du Molière, Louis de Funès sut en dépit des embûches et des critiques journalistiques démontrer que le comique n'est pas un jeu mais un Art. Stéphane Bonnotte n'a effectivement pas écrit une biographie du bonhomme de Funès né en 1914 contrairement à ce que voudrait faire croire le 4e couverture de ce livre préfacé par Claude Gensac - Madame de Funès au cinéma- il est allé au plus profond de la démarche intellectuelle de ce diable d'homme pas toujours aimable avec certains de ses partenaires (Jean Gabin ou Jean Marais en firent les frais) mais toujours respectueux de son public. Un mot encore pour souligner l'excellente idée d'offrir en fin d'ouvrage aux fans et aux autres un savoureux florilège des meilleurs répliques dites par Monsieur de Funès. Un vrai cadeau... Il est vrai qu'avec ce petit homme d'un mètre soixante trois le choix était... incommensurable. Fallait-il seulement en avoir l'idée ? Bref, si vous aimez de Funès ou si vous avez envie de le découvrir précipitez-vous sur ce bouquin... Vous ne le regrettez pas... même si du côté illustrations on pouvait espérer mieux. |
