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Mis en ligne le 17/12/2002 |
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Les DVDs de la semaine |
Luchino Visconti |
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE |
de Michèle Lagny Editions BIFI/Durante 284 pages. 16 euros |
Représentation et duplication par Jean-Marc Loubier |
Comment parler de cet homme aux origines si fabuleuses qu'on hésite toujours entre
vérité et légende. Ce n'est pas moi qui le dit mais Michèle Lagny laquelle connaît
son Luchino mieux que personne. Sans doute moins bien que Visconti lui-même mais elle a passé un grand nombre d'années à étudier sa vie et surtout
son œuvre. Elle se permet aujourd'hui de lui consacrer un ouvrage fort exhaustif.
Trop peut-être ? Elle scrute dans ses moindres détails le parcours du bonhomme
qu'elle adore tant il est plein de contradictions. Cinéaste, metteur en scène
de théâtre et d'opéras, le sieur Visconti reste dans la mémoire cinématographique
le réalisateur de Rocco et ses frères (1960) ou mieux de Le Guépard (1963) avec Burt Lancaster, Alain Delon, Claudia Cardinale etc. Comment oublier Mort à Venise (1971) ou Ludwig ou le Crépuscule des Dieux. Trop exhaustif, ai-je écrit ? Oui, je le confesse le bouquin de Michèle Magny est d'une richesse exceptionnelle. Il ne semble rien manquer. Tout paraît être dit une fois pour toute. Si seulement, c'était aussi simple. L'homme Visconti n'a cessé de brouiller les pistes comme s'ingénie à le faire les surdoués! Car, il faisait partie de ces êtres exceptionnellement inclassables voire incassables. Il serait, selon Michèle Magny, l'inventeur du néo-réalisme. Une étiquette contestée par certains à tort ou à raison. Qu'importe ! Les querelles de spécialistes n'ont pas place ici. Il suffit de voir et de revoir ses films - il en a tourné une bonne vingtaine - pour se convaincre de son génie artistique et de son sens de l'image voire de l'imagerie. Pour lui, c'est ce qu'assure l'auteur de cet ouvrage en tous points remarquable, l'image est une "représentation" en même temps qu'une "duplication". Visconti s'est amusé à brouiller les pistes sur ses origines. Il est né en 1906, "sous le triple signe de l'aristocratie, de l'argent et de la culture. Piètre ombre symbolique au tableau, la date de sa naissance, le 2 novembre, c'est à dire le jour des Morts." note page 15, Michèle Lagny. C'est sans aucun doute dans cette phrase qu'il faut mesurer l'importance d'un Visconti partagé, dès son enfance, entre superstition et relativisme. A la lecture de cette approche du Maître, je me suis senti tout petit. Oui, je n'ai pas de honte à l'écrire, un tel ouvrage aussi richement fouillé, riche de documents inédits, m'a donné une vraie envie d'un jour parvenir à faire aussi bien. Il est vrai que cette collection, déjà riche de titres sur Julien Duvivier, John Ford, Jean-Pierre Mocky, Albert Lewin ou Jacques Becker, invite à se surpasser pour ne pas décevoir les vrais cinéphiles. |
