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Mis en ligne le 3/12/2002
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Les DVDs
de la semaine
George Harrison,
anthologie 1943-2001
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE
de Jacques Volcouve
Editions Hors Collection
440 pages. 17 euros

Le troisième homme
par Jean-Marc Loubier 
Jeudi 29 novembre 2001. Le plus jeune des Beatles, George Harrison tirait sa révérence des suites d'un cancer de la gorge. Il avait 58 ans. Le week-end dernier au Royal Albert Hall, à Londres, on lui rendait un hommage vibrant sous la forme d'un concert plein de bonnes vibrations. Il y avait là, entre autres, son fils Dhani, sa veuve et puis une bonne trentaine d'amis : Eric Clpaton, Jeff Lyne, Paul MacCartney, Ringo Star, Billy Preston, Leon Russel...
Je vous entends déjà vous demander pourquoi je vous parle de ce concert ? George Harrison était un guitariste, un compositeur, pas un cinéaste. Oui mais voilà, le "troisième homme" comme l'appelle volontiers Jacques Volcouve, décida un jour de devenir producteur de cinéma. J'avoue qu'avant de me plonger dans le remarquable ouvrage du plus grand spécialiste des Beatles je n'en savais strictement rien. Tour commence au début des années 80 au moment où il fonde Hand Made Films. Ainsi lorsque l'équipe de Monty Python rencontra de grandes difficultés pour réunir les fonds nécessaires à la production de La vie de Bryan (1979) réalisé par Terry Jones avec Graham Chapman, John Cleese et Terry Gilliam, George Harrison se mit en quête de menue monnaie. "Avec son partenaire Denis O'Brien, qui était son manager depuis 1973, il réunit les fonds pour produire le film avec l'aides banquiers" écrit Volcouve. Le film, comme chacun le sait, connaît un immense succès et c'est ainsi qu'Harrison devint l'un des producteurs les plus importants du cinéma britannique.
Harrison s'expliquant sur cette activité déclarait un jour : "On dit que je suis le nabab du cinéma, mais tout ça c'est des bêtises. Je ne vois pas de mystique dans l'industrie du cinéma. En fait, c'est pas aussi sensationnel qu'on le dit. J'ai un autre travail, vous savez. Le cinéma, je le fais de façon secondaire, je ne le prends pas trop au sérieux." Toujours selon Volcouve, Harrison n'était pas partisan de produire des films violents "parce qu'il y a assez de sang comme ça dans la vie". Aussi, il se fit tirer l'oreille pour produire Shanghai Surprise (1986) de Jim Goddard avec Sean Penn et Madonna. Mais, au dernier moment, il a flairé la bonne affaire. "Hé, hé, on pourra faire un paquet de fric avec la petite pop star."
Seulement, devant faire face à une série de procès et de bides commerciaux, George Harrison décida de vendre sa société de production en 1994. Il l'a cédé quelques 8,5 millions de dollars à Paragon Entertainment Corp. Reste que pendant une bonne dizaine d'années, Harrison et Hand Made Films aura tout de même produit quelques vingt cinq films.
Voilà, je viens de combler une lacune cinématographique en même temps que j'ai découvert un "bonhomme" assez singulier cela grâce à Jacques Volcouve qui signe là un ouvrage essentiel d'une richesse documentaire exceptionnelle. Seul reproche, son éditeur aurait pu faire un effort en insérant un cahier photos. Mais, il est vrai qu'il suffit de se jeter sur, Brainwashed, l'album posthume de George Harrison qui vient tout juste de sortir, pour que les mélodies se métamorphosent en images scintillantes.