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Mis en ligne le 26/11/2002
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Les DVDs
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Pedro Almodòvar,
l'iconoclaste
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE
de Paul Obadia
Editions Cerf-Corlet
256 pages. 29 euros

Un cinéaste de la rupture
par Jean-Marc Loubier 
Il y a peu, Henry Saurel  vantait dans sa critique sur La Fleur de mon secret  tout le bien qu'il pensait de l'ouvrage que Paul Obadia venait de consacrer à Pedro Almodòvar. Mais voilà, il n'a pas eu le temps. Alors, il m'a donné le bébé. Un bien beau bébé, en effet. Obadia, docteur en cinéma, dessine le portrait contrasté d'un cinéaste inclassable. D'ailleurs, peut-on se permettre de qualifier ces artistes et de les mettre dans des boîtes à couleurs où ceux qui feraient uniquement dans le polar seraient "noirs", ceux qui feraient uniquement dans la comédie seraient "roses", ceux qui feraient uniquement dans... etc. Il me semble qu'il n'y a que deux types de cinéastes : les bons et les autres. Les bons comme Almodòvar mélangent à souhait les genres pour mieux brouiller les pistes tout en conservant leurs obsessions sexuelles, politiques ou sociales. Les autres... à quoi bon en parler.
Paul Obadia, en fin connaisseur, en observateur avisé, presque en scientifique a choisi d'aborder le bonhomme Pedro par sa thématique complexe qui lui fait écrire qu'il à la fois un "iconoclaste", un esthétisant, un provocateur ou un auteur de mélos. De fait, Obadia analyse avec une rare finesse les contradictions de ce metteur en scène abordant sans aucun complexe -pourquoi en aurait-il ? - les thèmes de l'ambivalence sexuelle, de la violence gratuite, des rapports ambigus entre mère et fille, des folies meurtrières et que sais-je encore... Obadia a pris l'ensemble de l'œuvre de Pedro Almodòvar connu à ce jour pour décortiquer la moindre de ses obsessions. Il revient, bien sûr, en détails sur les années d'apprentissage de ce diable d'homme qui doivent être envisagées en "parallèle avec la grande rupture qui s'ouvre un jour de novembre 1975 quand le décès du Caudillo met fin à près de quarante années d'un régime dictatorial et répressif". En effet, si Almodòvar est devenu le plus célèbre des cinéastes espagnols c'est justement parce qu'il a su ou pu se démarquer rapidement d'un cinéma aux prises avec ses vieux démons totalitaires. Il a été le premier à oser !
Il me faudrait entrer dans le détail de chacun des films d'Almodòvar pour en faire la démonstration depuis Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón (1980) jusqu'à Hable con ella (2002). Mais, je ne ferais là que maladroitement recopier l'étude de Paul Obadia. Ce n'est pas mon genre. Saurel a dénoncé cette pratique lors de la récente parution du livre de Christelle Laffin sur Louis de Funès, on ne va pas tomber dans le piège. Je crois qu'il est suffisant d'écrire que l'étude de Paul Obadia ne me fera plus regarder les films du sieur Pedro  de la même manière pour vous convaincre de ne pas manquer de vous en délecter. Il y en seulement  un qui va s'en mordre les doigts. C'est le Saurel qui n'est pas près de revoir cet ouvrage...