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Mis en ligne le 22/05/2002 |
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Les DVDs de la semaine |
Mes Grandes Gueules |
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE |
de José Giovanni 634 pages - 25 Euros |
Aimer la vie par Henry Saurel |
Auteur d'une bonne vingtaine de romans, réalisateur d'une quinzaine de films, dont
le dernier Mon père, il m'a sauvé la vie n'a malheureusement pas passionné les foules en dépit de ses grandes qualités,
José Giovanni peut se vanter d'un parcours hors normes. Je ne reviendrai pas
sur ces années de prison, sur ses mauvaises fréquentations dont il ne parle
quasiment pas dans ce livre pour retenir que quelques jolis portraits. Ses Grandes gueules s'appellent Alain Delon, Lino Ventura, Jean Gabin, Claudia Cardinale ou Jean-Pierre
Melville... Sans entrer dans le détail, car il faut absolument dévorer ce bouquin
de souvenirs, José Giovanni d'une verve qui n'appartient qu'à lui, dresse
une sorte de bilan de sa vie de cinéaste. Elle ne fut pas toujours rose. Sur son
chemin, il a croisé des hommes remarquables comme Jacques Becker lequel réalisa
Le Trou (1959) mais d'autres avec lesquels il eut bien du mal à s'entendre. C'est notamment
le cas de Jean-Pierre Melville. Un bonhomme dont Giovanni dit qu'il est "n'était pas fréquentable". Pourtant de cette mauvaise association est née le Deuxième soufffle ! José Giovanni n'est pas homme à avoir sa langue dans sa poche. Il lâche ses quatre voire ses cinq vérités tout en bloc. Il tire à vue sur certains producteurs et certains comédiens allant facilement du coup de poing. Il parle d'un certain B.P.D ( comprendre Bernard-Pierre Donnadieu), d'un certain N.A (comprendre Niels Arestrup), d'un certain...afin que le lecteur saisisse mieux la difficulté de canaliser certaines énergies mal employées. Giovanni, que j'ai rencontré dans son modeste appartement de la banlieue parisienne me disait qu'il n'avait aucune rancœur, aucune amertume et que l'âge pesant son poids l'obligeait à tempérer ses ardeurs cinématographiques. Il ne sait pas à 80 ans le 6 juin prochain s'il aura encore le courage de faire un nouveau film. Il n'empêche qu'il continue d'écrire à la main sur des cahiers d'écoliers des histoires qui pourraient bien faire de polars d'excellente qualité. On sent bien dans son livre qu'il veut continuer, qu'il met tous les atouts de son côté. Je le lui souhaite car j'aimerais qu'il me (nous) offre l'occasion de savourer encore des films aussi réussis que Le Rapace, Le Gitan ou Les Aventuriers. Je ne peux que vous donner un conseil : lisez à vous en abrutir son livre. Déjà, vous ferez un grand pas pour savoir ce qu'aimer la vie veut dire ! |