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Mis en ligne le 5/11/2002
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Les DVDs
de la semaine
Louis de Funès, au nom de la rose
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE
de Christelle Laffin
Editions Albin Michel
104 pages. 25 euros

Sans saveur et sans chaleur
par Henry Saurel 
Voici environ six mois, Eric Leguèbe publiait aux Editions Dualpha une biographie assez fouillée de Louis de Funès. Elle avait en particulier le mérite de contenir le témoignage exclusif de Daniel, fils de l'acteur né de son premier mariage. On y apprenait notamment comment de Funès avait rencontré Germaine et pourquoi ils s'étaient séparés. En 1993, Jean-Jacques Jelot-Blanc publiait chez Anne Carrère une bio du même de Funès après qu'en 1989 Jean-Marc Loubier ait sorti chez Ramsay un de Funès sous-titré Le berger des roses et après que Brigitte Kernel ait commis chez Jacques Grancher un livre-hommage réunissant une kyrielle de témoignages. C'est dire si la prose sur Le Gendarme de Saint-Tropez ne manque pas !
Forcément, tout cela facilite la tâche à qui veut, aujourd'hui, rendre hommage au sieur de Funès dont on célébrera le 20e anniversaire de la disparition le 27 janvier 2003. Il suffit en gros, de bien lire, de ne surtout pas recopier et de posséder un minimum de talent de réécriture. C'est bel et bien ce qu'à fait Christelle Laffin. Aucune révélation, aucune nouveauté. Résultat un bouquin sans saveur et sans chaleur. Une continuité. Une simple narration. Un découpage adroit et de jolies photos pour titiller le porte-monnaie de ceux ou celles qui auraient envie de découvrir la vie et le parcours de l'inoubliable partenaire de Bourvil dans La Grande vadrouille et le Corniaud. Que ceux qui espèrent faire quelques découvertes passent gaillardement leur chemin.
Rendre hommage à Louis de Funès est une louable entreprise mais certainement pas de cette façon là. La journaliste œuvrant à Télé 7 Jours aurait pu tenter d'apporter un plus, un bonus comme sur un DVD. On ne lui demandait pas de sortir de son chapeau ou de son ordinateur des secrets inavouables, on espérait seulement trouver matière à s'émerveiller, à s'émouvoir, à s'interroger. Rien de tout cela. C'est plat, vraiment très plat. Je ne parle pas des phrases écrites à l'emporte-pièce du style page 23: "Louis parvient à économiser suffisamment pour s'acheter un pavillon à Orgeval. Il le trouve hideux, mais les fleurs(...). L'année suivante, il parvient, suite à un étrange..." En l'espace de quatre lignes, le verbe parvenir semble bien commode. Il y a pourtant des synonymes, que diable ! Je ne parle pas des erreurs quand la journaliste écrit que c'est en "fine conseillère artistique (que) Jeanne a repensé à cette jolie femme (Claude Gensac) au moment du casting" pour devenir l'épouse cinématographique du Gendarme. Faux. De Funès souhaitait se "marier" avec la comédienne Simone Valère qui, à contre cœur, déclina l'invitation pour cause d'engagement théâtral. Erreur bien naturelle. Christelle Laffin n'a mené aucune enquête. Il était logique qu'elle ignore ce simple détail qui en dit assez long sur la nature de cet album dont j'attendais beaucoup et qui - vous l'aurez compris - m'a fortement déçu. Un conseil pour terminer. Le livre de Eric Leguèbe est toujours en vente. Sa jaquette n'est pas aussi luxueuse mais il a au moins le mérite d'être honnête, documenté et sérieux... lui ! A quand la prochaine imposture ?