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Mis en ligne le 29/10/2002
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Les DVDs
de la semaine
J'ai pas menti, j'ai pas tout dit... 
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE
de Marie Dubois
Editions Plon
240 pages. 17 euros

Parce que c'est vrai !
par Jean-Marc Loubier 
Une fois de plus, il va bien falloir que je parle d'un moment rare comme il en arrive peu souvent dans la vie d'un journaliste. Depuis plusieurs années, je rêvais de rencontrer Marie Dubois. Quand elle tourna Tirez sur le pianiste (1960) de François Truffaut je n'étais qu'un gamin et il ne me souvient pas l'avoir vu dans la petite salle de mon quartier de la Nation à Paris. Mais... comment expliquer mon désir de partager un jour un court moment d'intimité avec cette femme qui peut se vanter d'avoir eu une carrière exemplaire sous la direction de Godard, de Verneuil, de Visconti, de Sautet, de Chabrol ? Quelque chose d'indéfinissable m'attirait vers cette femme dont je savais qu'une vilaine maladie la rongeait. Un jour de 1999, je lui avait écrit afin d'obtenir une interview. Elle ne m'avait pas répondu. J'étais déçu. Et puis voilà qu'elle publie ses mémoires ou ses souvenirs comme vous voudrez. L'occasion était trop belle. Coup de téléphone à l'attachée de presse et me  voilà l'autre jeudi en face de Marie dans un charmant restaurant parisien rue du Cherche-Midi.
J'en tremblais d'émotion d'autant que je n'avais pas lu son livre. La Poste m'avait encore joué un mauvais tour. Elle entre accompagné de ses deux indispensables béquilles. La sclérose en plaques dont elle souffre depuis l'âge de 23 ans ne lui laisse aucun répit. A ma grande honte, je lui dis la vérité. Est-ce cet aveu qui m'aida ou l'aida à se montrer encore plus diserte ? Qu'importe... Nous avons parlé de tout. De sa carrière bien sûr mais aussi de sa vie privée. De son fol amour jamais consommé pour Truffaut, de son mariage avec le comédien et impresario Serge Rousseau, de sa fille Dominique, de sa petite fille Lou, de...ses partenaires comme Belmondo, Aznavour, Bourvil, Gabin, Tony Curtis...de ses amis comme Jean-Louis Trintignant, Bernard Giraudeau, Francine Bergé, Serge Lama... de sa maladie qui "l'emmerde"...
Nous avons passé trois heures délicieuses commencées par un verre de champagne puis agrémentées de foie gras. Marie Dubois née Claudine Huzé un jour de janvier 1937 n'a cessé de m'étourdir de ses bonnes et justes paroles sur ce métier de comédienne dans lequel elle n'a eu de cesse de se donner à fond. Elle me fit quelques confidences, à ne pas dévoiler, sur Fernandel ou Michel Simon. Alors, silence. Et finalement, on a peu parlé de son livre écrit en collaboration avec ma consœur Claude Mendibil. Elle a bien eu raison Marie de me soûler de ses souvenirs mais aussi de ses espérances. Elle m'avait comme invité sans l'imaginer ou le vouloir à mieux déguster sa prose. Le soir même, la tête encore pleine de ses paroles et le cœur rassuré d'avoir côtoyer l'espace d'un trop court moment cette grande dame à l'esprit volontaire, un opportun coursier frappait à ma porte. Le bouquin, je l'avais enfin ! Je croyais que Marie m'avait tout dit. J'ai passé la nuit à le dévorer et je ne fus pas déçu. J'ai découvert à travers ses lignes une authentique mère courage ne cachant rien de ses espoirs et de ses déceptions.
Je me méfie toujours des livres de souvenirs. Aujourd'hui, je me suis juré de prendre garde à cet avertissement personnel. Les mémoires de Marie sont à son image. Sincères, empreintes de pudeur car cette femme dont le dernier film qu'elle tourna en 1997 , Rien ne va plus, sous la direction de Claude Chabrol, va fort bien dans sa tête même si son corps lui joue de méchants tours. Il suffirait d'un miracle pour qu'elle nous revienne sur l'écran. Elle n'y croit guère. Par ma part, c'est tout le mal que je lui souhaite. N'hésitez pas une seconde à vous plonger dans son bouquin, c'est jouissif parce que c'est vrai.