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Mis en ligne le 22/10/2002 |
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Les DVDs de la semaine |
Trois petits tours et puis s'en vont.... |
LE CINE-LIVRE DE LA SEMAINE |
de Michel Galabru Editions Flammarion 370 pages. 20 euros |
Un comédien caméléon par Jean-Marc Loubier |
Il ne viendrait à l'esprit de personne, j'ose l'espérer, de contester l'immense talent
de Michel Galabru. Il suffit d'évoquer un seul film , Le Juge et l'assassin (1975) pour mesurer l'étendue de son registre. Ce comédien sans commune mesure doit,
aujourd'hui, avoir tourné quasiment deux cents films et- malheureusement -
combien de sous-produits tout juste prêts à la consommation estivale. Il n'en fait
d'ailleurs pas mystère dans ce livre où il avoue avec une certaine fierté "qu'il faut bien payer ses impôts." Galabru est au sens noble du terme, celui inventé par Jean Cocteau, un monstre
sacré. Un comédien aussi à l'aise sur les planches que devant les caméras de cinéma
ou de télévision qui l'ont beaucoup employé ces derniers temps. Galabru, c'est un comédien caméléon. Il est capable d'émouvoir comme de faire hurler de rire. Il me souvient que dans La vie dissolue de Gérard Floque (1986) signée Georges Lautner , une seule scène tournée en quelques minutes avait suffit à provoquer l'hilarité générale. C'était d'ailleurs le seul moment truculent de cette pochade. Passons.... Galabru dans ses mémoires- je devrais écrire nouvelles mémoires puisqu'il publia en 1996 aux Editions Harca "Je l'ai perdue au 18" - revient sur ses origines, ses débuts à la Comédie Française, ses premières panouilles, ses rôles, ses amitiés... Il ressort de ce bouquin une profonde tendresse. Galabru, homme prudent ne dit de mal de quiconque. Il souligne son immense amitié pour Louis de Funès tout en regrettant -je le comprends- qu'on le bassine avec l'adjudant Gerber de Saint-Tropez. Un rôle qui le marquera à jamais qu'il le veuille ou non. En ce pays, un comédien a toujours fort peu de chance de se débarrasser d'un uniforme encombrant. Il reste qu'à lire Galabru, commentant en fin de volume chacun des films où il figura, on reste pantois devant sa lucidité. Il n'est plus tout jeune notre cher Michel Galabru. Il avait envie de dire des choses pour mieux en cacher d'autres. Il dit et panse ses amours déçues. Il raconte avec tendresse ses enfants nés de plusieurs lits. Il avoue son immense fierté de les voir entrer eux aussi dans la carrière. Une carrière aux multiples embûches. Michel Galabru sait mieux que personne comment surmonter les obstacles. Il n'a de cesse de le prouver de sa voix si particulière venue du sud de la France. Si Galabru avait voulu ou pu, il ne se serait pas fourvoyer dans des films secondaires voire tertiaires. Il n'en a nul honte et c'est pour ça que je l'aime. En effet, il est sans aucun doute le seul à dire une "vraie" vérité à propos de ses "mauvais films" : " Je n'ai plus envie de répondre, las d'être définitivement catalogué." |