L'INTÉGRALE DVD JEAN VIGO
On aime :
La qualité de restauration des images et du son, les bonus judicieusement choisis, les commentaires, la préface de François Truffaut figurant dans le livret accompagnant ce
double dvd.
L'esthète réaliste
DESCRIPTIF
2 DVDs
Bonus : 

Disque 1 : Extraits d'un premier montage, Marc Perrone en concert, Nice à propos de Jean Vigo de Mancel de Oliveira, Actualités Gaumont (1935-1936), Témoignages de Bernard Bertolucci et Lindsay Anderson, document sur la restauration du son, carnet d'écolier de Jean Vigo et photos de tournage, Jean Vigo par Jacques Rozier, documentaire (1h35), prologue inédit de Jacques Rozier, correspondances lues par Mathieu Amalric, harmoniques.
Disque 2 : De L'Atalante à l'Atalante de Pierre Philippe (1990), Les Voyages de l'Atalante de Bernard Eisenschitz (2001), Truffaut,
Langlois, Iosseliani et L'Atalante (entretiens), photos, affiches.
Format :
1 4/3 ; 1.33
Son :
Stéréo 2.0
Gaumont Columbia Tristar Home Vidéo
Zone 2
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"Il était dévoré par un drame intime qui était celui de son père. C'était Hamlet... Hamlet voulant venger son père, c'était ça. Et comme on le comprend." C'est en ces termes que Michel Simon parlait de Jean Vigo. Vigo, l'auteur de seulement un long métrage (L'Atalante) de deux moyens métrages (La natation de Jean Taris, Zéro de conduite) et d'un court métrage (A propos de Nice). Vigo, un homme trahi par les producteurs, pourchassé par les créanciers et mort dans le dénuement le 5 octobre 1934 alors qu'il n'avait que 29 ans. Fils du militant anarchiste Miguel Almereyda, Jean Vigo reste un cinéaste d'exception, une sorte de patron du cinéma français de création. Homme de passion, il s'est jeté à corps et à cœur perdus dans l'industrie cinématographique sans argent. Empruntant ici et là, ses films restent des modèles.
Mis en ligne le 16/01/2002
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A propos de Nice (1930), La Natation de Jean Taris (1931), Zéro de Conduite (1933) et L'Atalante (1934)
Si l'on met à part, La (leçon) de natation de Jean Taris, documentaire de commande, réalisé en 1931, où tout de même ce nageur 23 fois champion de France explique comment il convient d'apprendre à se mouvoir dans l'eau d'une piscine, Zéro de conduite (1933) et L'Atalante (1934) avec Michel Simon, Jean Dasté et Dita Parlo recèlent bien des trésors d'invention. C'est ce que souligne François Truffaut dans le livret accompagnant cette Intégrale Jean Vigo. Pour Zéro de conduite Truffaut relève en songeant à la fête du collège "neuf inventions superbes, cocasses, poétiques ou déchirantes, toutes d'une grande force visuelle et d'une crudité encore inégalée.", quant à L'Atalante il souligne que là, Jean Vigo "aborde un grand thème, peu souvent traité au cinéma, les débuts dans la vie d'un jeune couple, les difficultés de l'adapter l'un à l'autre avec d'abord l'euphorie de l'accouplement, puis les heurts, la révolte, la fugue, la
finalement l'acceptation de l'un par l'autre." Truffaut écrivait cela en 1970, concluant que Vigo était "un cinéaste esthète et réaliste" parvenant à éviter "tous les pièges de l'esthétisme et du réalisme.
Il reste que pour bien connaître Jean Vigo au-delà de la simple biographie, il suffit de regarder ses films ne serait-ce que pour le plaisir. Cette Intégrale le permet enfin et cela dans des versions remastérisées en tous points remarquables. Il convient de saluer ce travail de restauration en même temps qu'il faut se réjouir de (re)découvrir ces œuvres que beaucoup désespéraient de voir un jour réunies. Côté bonus, nul ne sera déçu. Quelques incunables sont au rendez-vous comme ce Jean Vigo, cinéaste de notre temps réalisé par Jacques Rozier en 1964 augmenté d'un prologue inédit ou encore des entretiens avec Truffaut, Langlois et Iosseliani... Bref, si Jean Vigo pouvait savourer ce double DVD, il serait certainement fier de cet ouvrage accompli. Lui, qui ne chercha jamais la gloire serait peut-être surpris d'être à ce point "glorifié", mais gageons qu'il aimerait voir son message cinématographique être désormais à la portée de tous qu'ils soient cinéphiles ou non.
                                                                                                                   Jean-Marc Loubier