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Mis en ligne le 26/03/2004
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Documentaire
Interactivité
The Celluloïd Closet
DESCRIPTIF
1 DVD
Bonus :

Les scènes coupées au montage ; Le livret de 16 pages avec photos rédigé par Florence Tamagne, auteur de "Mauvais Genre ?", une histoire des représentations de l'homosexualité (2001).
Format
16/9 compatible4/3; 1.33
Son :
Dolby Digital 2.0
Sous-Titres :
Français
Simple face
Double couche
Arté Vidéo
Zone 2
Documentaire de Robert Epstein, Jeffrey Friedman (USA,1995) avec Tom Hanks , Harvey Fierstein, Susan Sarandon…
(1h42)
Instructif
Une visite guidée dans le monde de l'homosexualité hollywoodienne à travers cent ans de cinéma
Inspiré par le premier ouvrage de Vito Russo (" Homosexuality in the Movies" tiré de son oeuvre The Celluloid Closet, 1981), ce documentaire dévoile un thème tabou du cinéma hollywoodien jusqu'à la fin des années 60 : l'homosexualité. Pendant longtemps - jusqu'aux années seventies de libération sexuelle - aborder de front un tel sujet était chose impossible pour Hollywood, qui préféra donc soit refuser soit caricaturer au possible, quand il ne les moquait pas, les homosexuels, hommes ou femmes. Ce dont témoignent ici Tom Hanks, Whoopi Goldberg, Shirley McLaine, Cary Grant ou Tony Curtis par exemple...
La richesse de The Celluloïd Closet (qui porte le juste sous-titre "Les homosexuels (re)vus par Hollywood") réside principalement dans ses documents rares (extraits de films, photographies) - plus de 120 films, de Ben Hur à Philadelphia, sont présentés et commentés par les plus grandes stars du cinéma américain - et dans la liberté de ton donnée à quelques acteurs célèbres, revenant ici - non sans humour - sur les astuces utilisées par les réalisateurs d'une époque moins libérée et libérale afin de transmettre leur " message " avec discrétion (voir la scène d'amour d'une affligeante platitude entre
Catherine Deneuve et Susan Sarandon dans Les Prédateurs d'un Tony Scott bien en mal d'illustrer le saphisme, le le subterfuge du scénariste de Ben Hur, Gore Vidal, et de son réalisateur, William Wyler, ne révélant pas à Charlton Heston les troubles sentiments 
de Messala envers son personnage ou encore une scène coupée de Spartacus entre Laurence Olivier et Tony Curtis et portant sur le statut des " escargots "...)
A noter d'ailleurs que le documentaire révèle toute sa puissance, analytique et sociologique, lorsqu'il aborde non pas tant les films gay ostensibles, que les classiques où affleure, bien mise en lumière par des commentaires appuyés à dessein, une sensualité irreprésentable aux yeux de l'Amérique bien-pensante. Car l'homosexualité, quoi qu'on en dise, s'affirme présente dans des films qui ne sont pas censés l'aborder (et qu'il est, partant, intéressant d'aborder sous cet angle !) et atteste d'une réelle évolution dans l'art de figurer ce thème ô combien dérangeant pour beaucoup, lequel n'a cessé d'évoluer dans le temps (de la représentation comique de la "tapette" des années 40, du travesti burlesque récurrent dans le cinéma US,de la perversion des gays et lesbiennes des années 70 jusqu'au récent coming out mis à toutes les sauces).
Se dessine ainsi au travers de 100 ans de cinéma une visite toute pédagogique des extraits "coupables" (plan fugitif ou dialogue ambigu) d'œuvres ayant contribué à déjouer les pièges de la censure hollywoodienne, soit l'ordonnance de la MPAA (Motion Picture Association of America), à l'origine du code Hays censément garant des bonnes moeurs pour parler de l'homosexualité. A voir que la mort était la seule fin possible pour un personnage homosexuel avant les années soixante-dix, on se dit que le cinéma et les us et coutumes contemporains ont bien évolué pour être en mesure de présenter au public des films explicites, jouissifs et drolatiques tel que Priscilla folle du désert, où les folles sortent enfin de leur cage pour poser un mode vie alternatif à la morosité ambiante.
                                                                                                                    Frédéric Grolleau