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Mis en ligne le 19/12/2003 |
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L'Aurore (Sunrise) |
DESCRIPTIF 1 DVDs Bonus : Murnau ou qu'est-ce qu'un cinéaste ? (43 mn) ; Qui fut Murnau ? (12 mn) ; documentaire sur le film perdu de Murnau The Four devils (40 mn) ; rushes, scènes alternatives (10 mn) ; bande-annonce ; livre collector de 76 pages avec le script original du film Format 16/9 compatible4/3; 1.33 Son : Bande sonore originale de l'époque ou bande sonore interprétée par l'Olympic Chamber Orchestra Simple face Simple couche Carlotta films Zone 2 |

Drame de Friedrich Wilhelm Murnau (USA,1927) avec George O'Brien, Janet Gaynor, Margaret
Livingstone… (1h30) |
Et la lumière fut |
Un jeune paysan se laisse séduire par une femme fatale qui le décide à tuer son
épouse. Un chef-d'oeuvre du cinéma muet. |
Les films muets se font rare en DVD (hormis les Chaplin chez MK2, les amateurs n'ont
pas grand chose à se mettre sous la dent) alors lorsqu'on nous propose un Murnau,
il est interdit de faire la fine bouche ! De plus, Carlotta films ne nous
propose pas n'importe quel Murnau, puisqu'il s'agit du premier film américain
de l'expressionniste allemand dont le talent avait suscité la convoitise de la
Fox. Cette dernière, éblouie par le fantastique Nosferatu (1922) et plus encore par Le Dernier des Hommes (1924), lui propose donc de venir tourner tous frais payés à Hollywood et lui laisse
carte blanche sur le plan esthétique. L'Aurore est donc la preuve qu'un film
de commande peut se transformer en chef d'œuvre, le film ayant été couronné
par un succès critique (3 Oscars dont celui de Meilleur Film en 1927 ou encore
cette déclaration de Truffaut selon laquelle L'Aurore est " le plus beau film du monde " et public (même si à l'époque il n'atteint pas |
encore son statut de film culte). On retrouve dans L'Aurore tout ce qui fait le génie de Murnau : des plans-séquences magnifiques et d'une longueur époustouflante pour l'époque ; des effets de lumière magnifiques et jamais gratuits, preuve d'une maîtrise unique du noir et blanc (les fans du plus grand film d'horreur alias Nosferatu savent de quoi on parle) ; une facilité à passer du comique au tragique ; ou encore des travellings à faire pâlir Orson Welles. Et on ne vous parle même pas de la façon dont Murnau arrive à donner vie à des personnages, à des images et à des sons (alors qu'on est dans un film muet) de telle façon qu'on a beau avoir vu ce film des dizaines de fois, on en reste pas moins ébahi de plaisir. Et pourtant l'intrigue est des plus banales : on est en plein mélodrame où un fermier, père de famille, vit une aventure avec une femme émancipée, symbolisée par les lumières de la ville des années folles. Notre héros est tiraillé entre son devoir de chef de famille et son désir sexuel pour sa maîtresse. Jusqu'au jour où cette dernière lui demande de passer à l'acte, c'est à dire de se débarrasser de sa femme… Question bonus, on est bien loin de l'édition simple de Nosferatu déniée de bonus, c'est à dire qu'on nage dans le bonheur ! Entre trois documentaires tous instructifs (avec notamment une analyse pertinente du film autour de trois thèmes par Jean Douchet et un documentaire sur The Four devils, film inédit car perdu) et un livre collector qui n'est rien d'autre que le numéro de L'Avant Scène Cinéma de juin 1974 comprenant le script complet du film, des critiques du film et une autre analyse de l'œuvre de Murnau, on ne sait plus où donner de la tête. Petite cerise sur le gâteau, la possibilité de choisir entre la bande son de l'époque et sa réorchestration par l'Olympic Chamber Orchestra. Vivement les prochaines éditions en DVD de Murnau ! Guillaume Mannevy |
