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Mis en ligne le 29/04/2003
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Film
Interactivité
Paul Morrissey
La Trilogie

(Edition Collector numérotée)
Flesh (USA,1968) ; Trash (USA,1970) ; Heat (USA,1972) avec Joe Dallesandro, Jackie Curtis, Andrea Feldman...
(5h)

On aime :
Tout.
Underground
DESCRIPTIF
4 DVDs
Bonus :
Les Documentaires Inedits
Paul Morrissey : Les années Warhol. Comment un jeune passionné de cinéma devient un cinéaste majeur du mouvement underground
Avant, Pendant, Après : Toutes les coulisses d'une Trilogie
Music Factory : Le Velvet Underground par Paul Morrissey
Fashion Factory : Comment la Factory inventa le look arty... Avec Anna Sui, Marc Jacobs (Louis Vuitton), Jean Touitou (APC), Olivier Saillard (musée de la mode et du textile)
Le pape du cinéma underground : Rencontre avec Jonas Mekas, chef de file du cinéma underground
One Minute Tour : Une visite guidée de la Cinémathèque Underground - l'Anthology Film Archives. Par Jonas Mekas, Guest-Star : Paul Morrissey
Les films inédits
About Face : Un des premiers court-métrage de Paul Morrissey (circa 1960)
Scenes From The Life Of Andy Warhol : Le journal intime filmé de Jonas Mekas sur la Factory et autres figures incontournables
Exploding Plastic Inevitable : Une demi-heure de trip
scénique : le concert légendaire du Velvet Underground, filmé par Ronald Nameth, avec la danse du fouet de Gérard Malanga, les déhanchements de Ingrid Superstar et Edie Sedgwick. Version intégrale, avec commentaires audio du réalisateur ; 1 bonus caché
Format :
16/9e compatible 4/3 ; 1.37
Son :
  Mono
Sous-titres
Français Hollandais
Simple face
Double couche
Carlotta Films
Zone 2
Les trois films cultes signés Paul Morrissey présentés ici dans une version restaurée et supervisée par le cinéaste avec des bonus... géants !
Né à New York en 1939, Paul Morrissey après d'assez brillantes études, après un passage dans l'armée, il exerce nombre de petits métiers - agent d'assurance, travailleur social etc. - avant de devenir assistant de production et cadreur dans plusieurs films du " gourou " du Pop Art : Andy Warhol. Et c'est d'ailleurs bien souvent à tort que l'on attribue à Warhol la paternité de Flesh, Trash et Heat présenté ici dans une version entièrement restaurée et supervisée par Paul Morrissey lui-même qui en est à la fois le scénariste et le réalisateur.
Avec Flesh, l'action se situe à New York en 1968. C'est l'histoire de la journée ordinaire de Joe. Itinéraire marginal d'un prostitué italien bisexuel de 18 ans marié et père de famille. Joe croise des lesbiennes rivales, des transsexuelles intéressées et des amis-clients possessifs afin, éventuellement de ramener 200 dollars qui devront servir à financer l'avortement de la meilleure amie de sa femme. Mais il les croise aussi parce que, tout bonnement, il les aime. Une certaine conception de la pureté ! Pour sa part Trast présente, toujours à New York mais deux années plus tard le même Joe. Il est devenu drogué à l'héroïne, voleur et impuissant. Il a abandonné la prostitution mais est toujours en butte aux désirs fantasques des unes et des autres. La société qui l'entoure est un peu sur la même pente que lui. Ses problèmes d'argent se seraient plutôt aggravés depuis le film précédent. À une petite différence près : Joe est ailleurs. Sa maîtresse transsexuelle a l'idée, à la suite d'une scène de ménage provoquée par sa sœur, d'un subterfuge pour bénéficier de l'aide sociale. Constat réaliste ou exaltation de l'ascèse ?  C'est le film central de cette trilogie. Enfin, Heat est certes bien une comédie, drôle, ironique, amère mais il est aussi la suite d'une quête métaphysique, d'une réflexion de l'artiste sur son œuvre et sur le devenir de cette œuvre. Heat marque aussi une étape esthétique : le cinéma traditionnel semble y avoir intégré les éléments expérimentaux, les avoir digérés. L'alliage est intelligent et brillant comme d'habitude mais n'a plus la faculté de surprendre. En trois films, le style et la forme ont perdu de leur nouveauté, il est vrai. On s'attache plus aux personnages. La transition filmique entre deux styles est ici achevée. Digestion passionnante et réussie dont Hollywood, juste retour des choses, sera rapidement le bénéficiaire. Ce motel en était bien l'antichambre, au fond. Mais la rupture avec le cinéma pur et dur d'un Mekas ou d'un Warhol est bien consommée. L'histoire invite le spectateur à voir œuvrer autour de la piscine du Tropicana Motel à Hollywood, une bande de curieux personnages. En particulier Joey Davis, ex-star d'une série western télévisée, qui cherche à refaire surface comme chanteur de rock. C'est là qu'il rencontre une actrice vieillissante, qui propose
On regrette :
Rien.

de l'héberger dans sa grande villa…
Si notre but n'est pas d'analyser chacun de ses trois films, force est d'admettre qu'ils ont vraiment de quoi surprendre - peut-être choquer - les non initiés. Le monde Morrissey est glauque à souhait. Il en est même parfois repoussant. Le premier intérêt de cette édition collector est d'aller à la rencontre de " ce cinéma ". Quant au second, il réside dans la quantité impressionnante de bonus offert sur le quatrième disque. La place manque ici pour
entrer dans le détail. En un mot, c'est particulièrement somptueux et instructifs. Pour ceux qui aiment il n'y a pas une minute à perdre, pour ceux
qui adorent aller à la pêche aux découvertes, il ne faut pas perdre de temps…. Quant aux autres ?
                                                                                                                    Jean-Marc Loubier