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Mis en ligne le 5/11/2002
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Film
Interactivité
La ciénaga
Drame de Lucrecia Martel (Argentine,2001) avec Graciela Borges,Mercedes Moran,Silva Bayle...
(1h42)
On aime :
Aller à la découverte d'un cinéma en
pleine renaissance.
Histoires de famille
DESCRIPTIF
1 DVD
Bonus :
"Le Roi est mort" court métrage de Lucrecia Martel(13 mn); "Crisis? What crisis ?" documentaire de N.Schmerkin et M.Schvartzapel; séquence comentée; bande annonce
Format :
16/9e compatible 4/3
Son :
Espagnol, français DTS
Sous-titres
Français
Simple face
Double couche
Arte Vidéo
Zone 2
  Dans le nord-ouest argentin, sous un solei brulant et des pluies tropicales, deux drames vont réunir deux familles...
Dans ce premier film de la jeune cinéaste Lucrecia Martel, l'image y paraît tellement impressionnée par la présence des corps qu'elle se charge d'une densité rare, et parvient à distiller dans sa matière même la sensation de malaise et de suffocation programmée dès le titre. Un film OVNI en provenance d'Argentine qui vient démontrer la vitalité de cette cinématographie renaissante, emmenée par des styles qui ont pour seul point commun leur totale liberté. La Ciénaga est une histoire de famille. Mecha, la cinquantaine, passe l'été avec son mari et ses quatre enfants dans
leur maison de campagne, située dans le Nord ouest argentin, près de ces ciénagas, où les animaux s'enlisent et meurent, et où la vermine pullule. Tali, la cousine de Mecha, vit dans la ville même de la Ciénaga, avec aussi quatre enfants, plus une tortue et un chien. La famille des villes vient rendre visite à la famille des champs.
Proche du film de vacances, La Ciénaga ne procède d'aucune intrigue, et en ce sens, aucune progression n'est à observer pendant le film. Mais c'est bien là le projet de la réalisatrice : les marécages, Mecha qui s'enferme progressivement dans sa chambre, l'eau croupissante de la piscine où personne ne se baigne… La Ciénaga est une véritable étude de la stagnation et du sur place, qui s'appliquent aussi bien à l'eau, qu'à la famille où aux discrètes évocations de la situation politique et sociale de l'Argentine.
Un film sombre, donc, mais qui fascine par sa cohérence esthétique. Avec leur éclairage minimaliste et leurs gros grains, les images semblent elles-mêmes atteintes par les marécages, contaminées par la vermine. Ainsi, les corps, même jeunes et sains, semblent aussi atteints, comme en voie de décomposition. Ils ne cessent d'ailleurs d'être mutilés, blessés, déformés (un enfant à perdu un œil, un autre à une dent qui pousse au milieu du palais, un autre se fait battre lors d'une soirée…) jusqu'à l'extrémité fatale.
Mais, si c'est sa force d'oppression qui retient le plus l'attention, le film de Lucrecia Martel parvient aussi à émouvoir par sa très belle et juste description des rapports familiaux et de l'enfance, entre grandes attentes et déceptions, mais aussi avec leurs moments de grâce, d'autant plus fragiles et précieux qu'ils constituent les seules véritables respirations de cette plongée dans La Ciénaga.
Film inclassable et inoubliable, La Ciénaga laisse une empreinte profonde dans l'esprit du spectateur. Une expérience cinématographique qu'il serait dommage de manquer, tant elle  donne le sentiment exaltant de créer sous nos yeux un nouveau langage. Ajoutons à cela de bonus bien choisis, en particulier Le Roi est mort, premier court métrage de Lucrecia Martel.
                                                                                                                    Jean-Marc Loubier
On regrette :
Rien.