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Mis en ligne le 12/06/2002
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Film
Interactivité
Le Jeune Casanova
Téléfilm de Giacomo Battiato (France,2001) avec Stefano Accorsi, Thierry Lhermitte, Claire Keim, Barbara Schultz...
(3h)
On aime :
La réalisation, le jeu des acteurs et l'originalité du propos.
Somptueux
DESCRIPTIF
1  DVD
Bonus :
Casanova, l'insolente liberté : 52 mn sur les coulisses du tournage; filmographies
Format :
  16/9e compatible 4/3 ; 1.66
Son :

Stéréo
Simple face
Double couche
francetélévisions
distribution

Zone 2
Un jeune aventurier amoureux de jolies femmes va voir son destin basculer lors de sa rencontre avec l'ambassadeur de France à Venise
Les téléspectateurs français, c'est bien connu, ne sont jamais contents. Si l'on en croit la presse spécialisée à travers son courrier de lecteurs les programmes sont insipides et surtout les responsables manquent d'imagination et d'innovation. Pourtant, le lundi 4 mars 2002 France 2 proposait une authentique création avec ce Jeune Casanova. Résultat : une audience moyenne, très en dessous de ce qu'on pouvait légitimement
escompter. Il est vrai que la vie de Casanova est une source inépuisable de scénarios. Le cinéma en fit ses choux blancs mais curieusement la télé, en particulier en France, s'était jusqu'alors montrée fort discrète. Doté d'un budget de 52 millions de francs pour deux téléfilms de quatre-vingt-dix minutes co-produits par des chaînes italienne, belge, allemande, espagnole et française, cette mini-série recelait pourtant des trésors d'imagination dont la réalisation a été confiée à Giacomo Battiato.
Il ne s'agissait pas d'un hasard. Ce scénariste et réalisateur italien est un fin connaisseur du XVIIIe siècle et à ce titre il a choisi de parler de Casanova jeune en découpant son téléfilm en deux parties. La première a été tournée à Venise, la seconde à Paris. La première se déroule dans une ambiance nocturne, la seconde dans l'éclat d'une journée d'été. Les costumes vénitiens, signés par Anne de Laugardière, tenaient compte de cette dichotomie, en s'inspirant des peintres de l'époque. Pour Venise, il s'agit de Longhi, Canaletto, Belotto. "Nous avons opté pour des couleurs franches comme le noir, le rouge, le bleu de Tiepolo, avec des taches claires, en privilégiant le dépouillement et la sobriété ", expliquait la créatrice de costumes. Pour Versailles, en revanche, " nous avons utilisé les couleurs pastel, dans l'esprit de Watteau, Chardin ou Natier, et les dorures. C'est plus sucré, plus chichi "..
Le scénario et la réalisation furent aussi très étudiés. "Une adaptation réussie, c'est 100 % de fidélité et 100 % d'invention", expliquait Giacomo Battiato. A partir des 4 000 pages de Mémoires, " le travail du scénario contraint donc à inventer un " roman ", à construire une trame que l'ouvrage ne nous fournit pas. Casanova le dit très bien : " Mon seul but dans la vie a été de vivre ".
Il faut enfin saluer la distribution. Stefano Accorsi, recruté par Battiato pour sa vitalité et son ingénuité, fait merveille.
Thierry Lhermitte, impressionnant en François de Bernis, change littéralement de registre en s'éloignant  de ses pitreries comme dans Le Placard.  Mention spéciale aussi aux femmes qui traversent la vie de ce Jeune Casanova : Claire Keim, Cristiana Capotondi, Catherine Flemming et Barbara Schultz, dans des rôles très différents, aident à ressortir l'humanité du personnage principal. Les comédiens ont d'autant plus de mérite qu'ils ont tourné en anglais, qui n'est pas leur langue maternelle.
Cela dit, la réussite du film tient sans doute au fait que rien, ni dans la distribution, ni dans le décor, ni dans la réalisation, n'a été laissé au hasard. On se laisse réellement porter par ce téléfilm, qui n'a absolument rien à envier au cinéma populaire. Cette version DVD arrive au bon moment d'une part pour réconcilier télévision de qualité et spectateurs et d'autre part pour donner l'occasion à ceux qui seraient passer à côté  de ce grand moment de se rattraper. Côté bonus, les coulisses du tournage sont également un régal. Une belle occasion de vibrer aux aventures de ce Jeune Casanova méritant vraiment une seconde chance !
                                                                                                                    Jean-Marc Loubier
On regrette :
L'absence de version pour sourds et malentendants.