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Mis en ligne le 15/05/2002 |
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Film |
Interactivité |
Cuba Feliz |
Documentaire musicale de Karim Dridi (France,2000) avec El Gallo, Pepin Vaillant, Mirta Gonzales, Avila
Anibal, Gilberto Mendez... (1h30) |
On aime : La générosité à fleur de caméra qui épouse chaque rythme et chaque musicien à sa manière |
Cuba attitude |
DESCRIPTIF 1 DVD Bonus : 7 séquences musicales inédites (30 mn); commentaire audio de Karim Dridi Format : 16/9e compatible 4/3 ; 2.35 Son : Dolby Digital 5.1 Sous-Titres Français, anglais Simple face Editions Montparnasse/Naïve Zone 2 |
Promenade musicale dans les rues de La Havane en suivant les péripéties d'un héros
croisant rappeurs ou chanteuses de boléros |
On regrette : L’étrange certitude que la fête permanente ne doit pas toujours être aussi palpable que dans ce documentaire folklorique |
Depuis la folie du Buena vista social club revisité par Wim Wenders et Ry Cooder, il est de bon ton de danser sur
les rythme endiablés de la musique cubaine, en faisant au passage souvent abstraction
du contexte économico-politique de l’île. Telle n’est pas l’approche de
Karim Didri qui, s’il consent lui aussi à nous entraîner à la rencontre de musiciens
hors du commun parce que précisément inscrits dans un quotidien inlassable,
fait le choix dans Cuba Feliz de ne pas sacrifier la forme au fond. C’est donc à des individus avant tout qu’a
décidé de s’intéresser le réalisateur de Bye-bye et |
de Pigalle en mettant en avant sept artistes des plus réputés, ici regroupés l’espace du film
dans un groupe aussi mythique que l’essence de la musique cubaine. Au centre
des regards, le chanteur ambulant El Gallo (le coq), qui passe de villes en villes,
de cours en ruelles et d’amis en amis, laissant résonner dans son sillage
de poignant des mélodies, toujours à mi-chemin du rire et des larmes… La constitution de ce " club " peut s'interpréter comme un clin d'œil aux célèbres Super Abuelos (super grands-pères) du Buena vista social club havanais reconstruit naguère par Wenders et Cooder, mais il y a plus dans la démarche de Didri, ce dont rendent parfaitement compte les séquences audio des bonus de cette édition (bien servie par une interface inventive et festive), où le réalisateur revient, à propos de chaque protagoniste, sur des temps forts du tournage qui ne sont pas intégrés dans la version " officielle " du documentaire. Ainsi, que l'on s'attache à El Gallo, au détonnant rappeur Juan, au jazzman Pepin Vaillant, que l'on s'attarde sur le mystique percussionniste Alberto Pablo, la tonitruante Mitra Gonzales, qu'on se laisse prendre aux tripes par les solos du trompettiste Anibal Avila où les graves du contrebassiste Armandito Machado, c'est le même constat qui ressort : à Cuba, la musique n'est ni un adjuvant ni un excèdent, elle est partie intégrante de la vie même des habitants, chevillée à leur corps comme à leur âme. Dans des propos moins musicaux saint Augustin évoquait jadis le plaisir de la faute, " felix culpa " ; il y désormais " Feliz Cuba ", le plaisir qui suit l'abandon à ces mélopées, improvisées ou canoniques, entre poussière et soleil de plomb, sur fond de murs aux sempiternelles peintures écaillées. Sans arrière-pensées. Il faut également saluer l'initiative des éditons Montparnasse qui ,en même temps que ce bijou nostalgique, nous offre sur un axe plus politique, une autre vision de Cuba en la matière de « Censuré à Cuba » : soit, à l'occasion de la 12ème Journée internationale de la liberté de la presse et en association avec la Fnac et Reporters sans frontières, un DVD avec quatre films (Orlando Jimenez, Nestor Almendros, Nicola Guillen Landrian, Ricardo Vega) et une interview de l'écrivain Guillermo Cabrera Infante qui présente les films et parle de la censure à Cuba. Frédéric Grolleau |
