
©2002,dvdetcie.com |
Mis en ligne le 1/05/2002 |
La newsletter |
Retrouvez toutes les critiques parus sur dvd et cie. ici |
Film |
Interactivité |
Je rentre à la maison |
Drame de Manoel de Oliveira (France-Portugal, 2001) avec Michel Piccoli,John Malkovich,Catherine
Deneuve, Antoine Chappey... (1h25) |
On aime : La richesse de la mise en scène et la symbolique de l'histoire. |
Retour aux sources |
DESCRIPTIF 1 DVD Bonus : Entretien exclusif avec Manoel de Oliveira (15mn); bandes-annonces Format : 16/9e compatible 4/3; 1.66 Son : Dolby 2.0 Simple face Arte Vidéo Zone 2 |
Un acteur de renom à la suite d'un drame familial se trouve confronté aux angoisses
de son devenir |
On regrette : Le trop peu de bonus. |
En ces temps d'incertitude, de doute voire de crainte, le dernier film de Manoel
de Oliveira - bientôt 94 ans - possède une saveur bien particulière. Quand l'homme
ne sait plus - quelque soit son âge - où se réfugier, se protéger, se mettre
à l'abri.... il ne lui reste plus qu'une solution : rentrer à la maison. Dans
sa maison. Dans sa vraie maison. C'est à dire dans le ventre de sa mère. Dans
cet espace où sans effort, il est choyé, nourri, bercé. Tel est selon Manoel de
Oliveira le message qu'il a souhaité faire passer dans ce film où tout repose
sur le parcours d'un homme frisant les 70 ans. |
Il est acteur de théâtre. C'est comme on dit une célébrité, un monstre sacré. Un
soir, alors qu'il donne une représentation du Roi se meurt de Ionesco, son agent et meilleur ami, lui apprend au sortir de scène que son épouse,
sa fille et son gendre viennent de se tuer en voiture. Abattu, déboussolé,
il ne trouve de consolation que dans son travail et dans l'amour qu'il porte à
son petit-fils. Cet acteur feint de ne penser à rien d'autre. Il donne à tout
le monde l'impression d'avoir surmonté ses peines et ses peurs. Sur les planches,
il est heureux comme un gosse. Dans la rue, il n'a rien changé à ses habitudes.
Il prend son café noir et lit son journal aux mêmes heures qu'autrefois. Avec
son petit-fils, il se montre prévenant et toujours rassurant. Mais, il suffit
qu'un grain de sable vienne dérégler cette macanique-habitude pour que tout chavire. Un jour, un metteur en scène américain lui demande de remplacer au pied levé un comédien dans son prochain film. Le rôle est court, à jouer en anglais, mais il s'agit d'Ulysses de Joyce. L'acteur accepte. Face à lui, le metteur en scène n'a que faire de sa notoriété. Il est dur, vindicatif, pointilleux. Il ébranle l'acteur qui ne sait plus, qui ne sait pas comme s'il n'avait jamais su. Alors, il quitte le tournage et rentre dans sa maison... pour se nourrir dans le ventre de sa mère ou... tout simplement mourir. Tout ce film repose sur l'interprétation de ceux hommes, l'un comme l'autre, au sommet de leur art. D'un côté, Michel Piccoli , en homme perdu, de l'autre John Malkovich en cinéaste faisant parfois penser à la rudesse d'un Clouzot. Certains trouveront, ce film un rien trop intellectuel - il est vrai que le début est bien peu encourageant d'autant que voir Catherine Deneuve donner la réplique à Piccoli dans Le Roi se meurt n'est pas du meilleur goût - d'autres sauront y dénicher les senteurs d'un cinéma intelligent et authentique. Un cinéma d'auteur, atypique non dépourvu d'humour. Côtés bonus, une brève mais très instructive interview de Manoel de Oiveira dont la pudeur et la modestie n'ont d'égales que son immense talent. Jean-Marc Loubier |
