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Mis en ligne le 1/05/2002 |
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Films |
Interactivité |
Coffret Tsukamoto Interdit aux moins de 16 ans |
Tokyo Fist et Bullet Ballet Films de Science-fiction de et avec Shinya Tsukamoto (Japon, 1995 et 1998) (1h27 chaque film) |
On aime : Le style du réalisateur et ses talents de mise en scène mis au service d'une critique de la société japonaise. |
La femme pour solution |
DESCRIPTIF 2 DVDs Bonus : Présentation des deux films par Jean-Pierre Dionnet ; interviews de Tsukamoto ; bandes-annonces ; livret collector Format : 16/9e compatabible 4/3 ; 1.85 Son : Japonais 5.1; Français 1.0 Sous-titres Français Simple face Doouble couche Studio Canal Zone 2 |
Une plongée en enfer tokyoïte dans le prolongement de Tetsuo, premier film du réalisateur
atypique Shinya Tsukamoto |
On regrette : Rien. |
Toute la filmographie de Shinya Tsukamoto est désormais disponible chez nous dans trois coffrets DVD sortis chez Studio Canal.
Il faut bien avouer que se plonger dans l'œuvre cinématographique de ce réalisateur
japonais n'est pas chose aisée tant la violence y est omniprésente. Elle
peut d'abord en rebuter plus d'un mais chez Tsukamoto, la violence n'est jamais
gratuite. Elle est ici employée pour faire passer un message, à savoir
le mal-être de la société japonaise de plus en plus déshumanisée. Tokyo Fist est ancré dans l'univers de la boxe mais il ne s'agit ni d'une copie du Raging Bull de Scorsese ou du récent Ali qui rendent à ce sport ses lettres de noblesse ni d'une reprise du Kids Return de Kitano. Jean Pierre Dionnet effectuerait plutôt un rapprochement bien trouvé avec le Fight Club de David Fincher dans la manière de traiter la violence. Ici, Tsukamoto s'intéresse à deux hommes, anciens amis lycéens qui s'étaient promis de |

de venger leur amie sauvagement assassinée par une bande de jeunes. Seulement, l'un
des deux (c'est Tsukamoto qui tient ce rôle) n'a pas tenu sa promesse et est
devenu un salary-man ordinaire quand l'autre (interprété par le frère du réalisateur)
s'entraîne à la boxe de façon récurrente. Ce dernier n'apprécie pas le
changement d'attitude de son ancien ami et, un jour, il le tabasse sans raison.
La femme du " tabassé " va alors renier son mari à cause de ses faiblesses physiques
et morales et se tourner vers son agresseur pour mieux manipuler les deux
hommes à sa guise. Tsukamoto dénonce avec virulence le système japonais à travers
ce film et souligne qu'un échappatoire à ce monde aseptisé où la violence
règne en maître est quasi impossible. Comme semble le démontrer la fin des deux
films, la solution pourrait venir de la femme… Bullet Ballet s'en prend directement à une jeunesse japonaise sans vécu, née dans les facilités matérielles que ses aînés n'ont pas connu à cause de la guerre et qui erre sans aucun but, à la recherche d'un plaisir éphémère rendu possible grâce à la violence, la drogue et le racket. Ici, ce sont des gangs de voyous qui s'affrontent sans raison. Le personnage principal, interprété par Tsukamoto lui-même, fait partie des victimes d'un de ces gangs. Il décide alors de combattre le mal par le mal et se met en quête d'un pistolet qui lui permettra de se venger. Côté inspirations, on pense bien sûr à Cronenberg même si c'est ici moins visible que dans Tetsuo où Tokyo y apparaît de manière plus fantastique bien que tout aussi inquiétante. Les bonus sont à la hauteur : les interviews de Tsukamoto sont réussies et nous révèlent des anecdotes sur des tournages pas toujours évidents. Enfin, on ne peut que saluer le talent d'analyse de Jean Pierre Dionnet (toujours impeccable dans cette collection Asian Classics) à la fois dans ses introductions aux films comme dans le soin apporté au livret collector. Guillaume Mannevy |